Si vous êtes un fan de Legend of Runeterra ou des jeux de carte en général, il y a une date qu’il va falloir mettre dans votre agenda en septembre. En effet, les Worlds du jeu de carte de Riot arrive à grands pas et les meilleurs joueurs affutent leur deck ! Chez Project Conquerors, nous avons la chance de compter dans nos rangs un des meilleurs joueurs français sur le jeu. Vice-champion d’Europe et en passe de devenir le Raymond Poulidor de LoR, la rédaction a pu s’entretenir avec Elyx ! Son parcours, pourquoi Legend of Runeterra, nous vous en disons plus dans cette interview !

Elyx worlds LoR

Hello Elyx, ravi de pouvoir échanger avec toi ! Peux-tu te présenter ?

Hello Sparrow ! Merci à toi de m’avoir invité !

Je m’appelle Tom Bauer et je réponds au pseudo d’Elyx ! J’ai 30 ans et je travaille dans le domaine de l’ingénierie pour l’industrie pharmaceutique.  Je suis un grand amateur de jeu vidéo et j’ai déjà fait pas mal de jeu. Que ce soit du RTS avec des passages dans des équipes russes sur Warcraft 3, ou des MOBAS avec une grosse période DOTA2. Depuis la pandémie, je me suis mis à beaucoup jouer à Runeterra et depuis, je n’ai pas lâché le jeu !

Il y a plein de jeu de carte, on pense à Hearthstone, Magic. Pourquoi LoR ?

Je suis un ancien joueur d’Artifact (ndlr : jeu de carte édité par Valve et qui repose sur l’univers de DOTA2) à la base et j’ai toujours été passionné par les jeux de carte, de réflexion et de stratégie. J’aime particulièrement les associations entre des jeux de carte et un univers particulier, c’est une des raisons qui m’a poussé à jouer à Artifact aussi !

Cependant, la disparation un peu prématurée de ce jeu a fait que j’ai dû rechercher un nouveau jeu sur lequel m’éclater. J’aime beaucoup l’univers et le lore de dota, tout comme celui de Warcraft, mais je n’avais pas envie de devoir rattraper le train d’Hearthstone. Que ce soit en temps de jeu ou en dépense pour pouvoir avoir toutes les cartes nécessaires et être compétitif.

J’ai donc dû me pencher sur un autre jeu. Et c’est à ce moment que j’ai découvert Legend of Runeterra. J’appréciais le lore que Riot Games avait pu développer autour de son jeu et il avait l’air très complet. Le côté esport et compétition allait être au rendez-vous avec un entreprise comme elle derrière. C’était la meilleure opportunité !

Peux-tu me raconter un peu ton parcours depuis tes débuts jusqu’à celui de vice-champion d’Europe ?

Mon parcours sur Legend of Runeterra a commencé par être très casual. J’ai découvert le jeu pendant le premier confinement de 2020 et j’ai vite accroché. Et d’autant m’éclater sur ce jeu m’a aussi permis de m’améliorer rapidement et de devenir titiller les meilleurs joueurs européens. C’est à ce moment que je me suis dis qu’il y avait un créneau à prendre !

J’ai pu réaliser un premier tournois international en tant que capitaine de l’équipe de France pour les championnats d’Europe. On a réussi à être vice-champion avec Flaxeau en terminant juste derrière les Portugais. Et même si ce n’est pas la victoire qui a été au bout, c’est quand même une super consécration. Ça vient récompenser un énorme investissement de la part de tous les joueurs et un super travail de l’équipe PCS LOR qui nous a amené jusque-là !

J’ai ensuite continué à enchaîner les compétitions, mes performances n’ont pas toujours été éclatantes, mais je prends ça surtout comme un excellent moyen d’acquérir plus d’expérience en vu des Championnats du monde ! Mais je suis quand même fier de certains de mes résultats en 2021, notamment mon top 2 au Fight Night, un top 2 au RCO Tournament et un top 32 sur le dernier tournois saisonnier de Legend of Runeterra, la compétition majeure avec le plus de niveau pour le moment. On commence même à me connaître sous le nom de « monsieur top 2 » au vu de mon palmarès !

Est-ce que cela te semble possible de vivre de LoR ?

C’est une envie oui. Et de toute façon elle est toujours la, tu as besoin de cette envie. C’est ce qui te donne l’énergie de faire des sacrifices qui sont importants, parce qu’il faut tryhard, que ça prend du temps et de l’énergie de devenir et de rester compétitif sur un jeu de carte.

Mais après, je ne me dis pas que c’est la seule solution que j’ai devant moi. Je n’ai juste pas envie d’avoir de regret et du coup je me donne à fond là-dessus. J’ai envie de voir jusqu’où ça peut m’emmener. Si je peux vivre de ma passion et de l’esport tant mieux, si ce n’est pas le cas au moins je ne regretterai rien.

On sait que la scène esport de LoR est discrète, que faudrait-il pour qu’elle puisse émerger sur le devant de la scène ?

Les worlds ont été annoncés fin avril. Il y a des tournois saisonniers tous les mois qui propose jusqu’à 20 000 dollars. Les LOR Masters EU (ndlr ; les championnats d’Europe sur Legend of Runeterra), ont été annoncés au début du mois de mai. Il n’y a pas grand-chose à redire sur Riot et le boulot qui est fait sur les événements.

Ce qu’il manque en fait, c’est un élément, un événement fédérateur, autour duquel la communauté pourrait se rassembler. C’est pour ça que le mois de septembre et les Championnats du Monde vont être décisif. Un peu comme ça a pu être le cas pour TFT à l’époque.

Après, ce qui m’inquiète sur Legend of Runeterra, c’est l’absence d’investissements de la part des autres structures françaises sur le jeu, comme Solary ou la Kcorps.  L’éco-système esport en France n’est pas du tout investit sur le jeu et c’est quand même dommage.

Le deuxième souci majeur sur le jeu c’est le manque de viewers sur Twitch et le fait que le jeu ne soit pas aussi intuitif qu’Hearthstone. Il y a un gros manque de visibilité. Alors qu’il y a beaucoup de joueurs (ndlr ; environ 14 millions), que le jeu est rentable, l’équipe de développement a même été renforcée récemment.

Comment approches-tu les championnats du monde ? As-tu une routine d’entraînements ? Des scrims ?

On est très bien organisés chez PCS. On a une super équipe et les Worlds ne sont que dans quatre mois et beaucoup de choses vont changer. La nouvelle extension vient de sortir, il y va y avoir des patchs pour l’équilibrage du jeu et beaucoup de nouvelles métas vont se dessiner dans les semaines à venir. Le but pour le moment, c’est d’être patient et de continuer à accumuler de l’expérience en compétition. Tout ce qui concerne les outils de préparations, ça va être mis en place à partir de juillet, pour ne pas devoir mettre du temps et de l’énergie à analyser des styles de jeu qui ne seront pas forcément présent dans le tournois.

Un des plus gros chantiers qui nous attend c’est d’analyser le format de la compétition afin d’être bien préparer et de savoir à quoi nous attendre. J’espère fortement que d’autres membres PCS vont pouvoir me rejoindre dans ce tournois, que ce soit Flaxeau, Haze, MacLogan ou IrvineArtifact (même si quand tu as Artifact dans ton nom, t’es déjà mal parti dans le jeu ahah). Ça permettrait d’encore mieux représenter l’équipe, mais ça simplifierait aussi les entraînements. Mais au besoin, on a déjà contacté des joueurs de la scène française qui sont qualifiés pour le tournois afin de programmer des sessions d’entraînement.

Que penses-tu de la méta sur LoR en ce moment ?

La méta actuelle est super diversifiée et la préparation est cruciale. Il y a tellement de deck viable en ce moment que ça devient assez compliqué, voire quasiment impossible de se préparer parfaitement à tout ce qui peut être joué. C’est compliqué d’avoir une stratégie fiable et qui va marcher contre une majorité de style de jeu. C’est une méta super sympa à regarder, mais un peu moins fun à préparer. Mais c’est un challenge incroyable à relever.

Penses-tu avoir tes chances de remporter ces Wordls organisés par Riot ?

Alors, ça va beaucoup aussi dépendre du format et du nombre de round suisses. Plus ils seront nombreux, plus j’aurai de chance je pense pour aller loin dans la compétition.

On va avoir deux groupes de personnes dans ce tournois. Ceux qui vont préparer le tournois de la façon la plus optimisée et qui vont try hard pour s’entraîner jusqu’à connaître tous les aspects du jeu. Et ceux qui ont gagné une compétition mais qui vont mettre moins de temps dans leur préparation. Et même si ces derniers méritent leur place dans la compétition grâce à leur résultat, ils risquent de ne pas avoir beaucoup de chance comparer au premier groupe.

Il faut aussi bien voir qu’il va y avoir la crème de la crème dans ce tournois et que le niveau va être super relevé ! On va retrouver les meilleurs joueurs de la planète dans ce tournois et ça risque d’être le feu.

Un mot pour conclure ?

Je remercie toute l’équipe PCS et surtout mes teammates ! C’est grâce à eux que j’en suis la parce que même si Legend of Runeterra est un jeu de carte, c’est ensemble que l’on grandit et que l’on se tire vers le haut.

Je remercie très fortement aussi toute l’équipe encadrante, que ce soit les personnes qui s’occupent du management Lorelyn et Zahis. Mais aussi les têtes pensantes de l’association : Darius, Bélias et Kym !

 

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