BONJOUR À TOUS !

Pour le retour des rubriques animés, nous allons attaquer un gros poisson. Un animé récent pour une fois, une bonne découverte. Nous serons, une fois n’est pas coutume, sur un seinen fantastique. Nous suivrons le même schéma que lors de la précédente rubrique. Je présenterai l’anime, son studio, son œuvre, ses personnages et son histoire. Après quoi, je vais vous présenter mon avis argumenté. Je vous invite à venir discuter avec moi de votre avis.

Aujourd’hui nous allons parler de Wonder Egg Priority.

PRÉSENTATION

Studio: CloverWorks

Auteure de l’oeuvre originale: Shinji Nojima

Format: Seinen ; 13 épisodes de 24 minutes. Animé original

Diffusion : Wakanim

Synopsis : Nous suivions le personnage Ai Ohto, jeune fille de 14 ans qui suite à un harcèlement scolaire et au suicide de sa meilleure amie reste cloîtrée chez elle, déscolarisée. Un soir, elle aperçoit une luciole qui lui demande d’acheter un œuf dans lequel se trouve une jeune fille qu’elle va devoir aider. Nous apprenons vite que la jeune fille dans l’œuf est également une jeune fille suicidée dont Ai va devoir affronter la raison de sa mort. Une fois aidée, la personne disparaît en paix avec elle-même, acceptant sa mort. On promet à notre héroïne que si elle continue à aider les jeunes filles dans les œufs, elle retrouvera sa meilleure amie disparue.

Opportunité autant attirante que dangereuse, AI va affronter, au fils des épisodes, les démons ayant eu raison d’autres personnes tout en combattant les siens.

Vous aurez donc compris que les sujets de cet animé sont très sérieux et sombres, je mets donc une petite mise en garde pour les personnes étant sensibles aux thématiques abordées dans le synopsis.

PERSONNAGE : SEIYUU

Ohto Ai: Aikawa Kanata

AI est une jeune fille de 14 ans, moquée par ses camarades de classes a cause de ses yeux vairons et qui a vu la seule personne lui tendre la main se suicider sans lui donner la moindre explication. Peu confiante en elle, frêle et seule, elle se bat pour retrouver la seule personne qui tenait à elle. Elle va rencontrer au fil du temps des personnes comme elle ayant une cause à défendre.

Kawai Rika: Saito Shuka

Jeune idole d’un groupe de musique à succès, cette dernière se comporte en princesse à qui l’on doit tout. Elle suit le même combat que notre héroïne afin de retrouver sa première fan qu’elle surnomme son “portefeuille”. Jeune fille à qui l’on ne peut rien refuser, cette dernière souffre quand même d’un grand mal être visible par ses automutilations.

Neiru Aonuma: Kusunoki Tomori

Jeune fille forte, indépendante et intelligente mais au comportement froid évitant tout contact. Neiru lutte pour retrouver sa petite sœur qui l’a poignardé dans le dos, la blessant grièvement, avant de se donner la mort.

Momoe Sawaki: Yano Hinaki

Dernier personnage principal, également une jeune fille mais cette fois-ci ayant l’apparence d’un jeune beau garçon.  Momoe rencontre beaucoup de succès auprès de la gente féminine et souhaite sauver la première camarade qui lui avoue son amour .

ANALYSE :

 

LES THÉMATIQUES ABORDÉES :

 

Comme je l’ai indiqué précédemment, Wonder Egg Priority est un Seinen sombre. Les sujets abordés sont nombreux et je vais donc essayer de dresser un portrait de ma propre lecture.

Je vais aller graduellement dans l’expression des sentiments que l’animé nous décrit en commençant par :

LE HARCÈLEMENT :

Pratiquement l’ensemble des personnages visibles dans cet animé en sont victimes. Que ce soit scolaire pour AI, par rapport à la célébrité pour Kawai (qui veut littéralement dire mignon en japonais) ou encore Momoe raillée pour son physique.

L’animé prend clairement parti sur cette thématique, il nous montre et accuse fortement les personnes responsables. Lorsque les héroïnes doivent protéger les jeunes filles suicidées, en plus de la matérialisation de la cause de la mort, elles doivent affronter les « Rienvu » évoluant en “Anti ». Ces montres sont imagés par des petits personnages n’attaquant qu’en groupe, masqués et donc anonymes, montrant explicitement que les passifs sont tout autant fautifs que les harceleurs.

Même parmi les personnages secondaires, nous avons tout un défilé de jeunes filles persécutées ayant franchi la ligne de non retour. Je mets en avant l’épisode 4 avec le personnage de Miwa victime de harcèlement sexuel par un collègue de travail de son père. Accusée par sa famille pour s’être défendue et avoir protestée, critiquée pour ne pas avoir pris pour un “compliment” elle finit par craquer.

C’est clairement une critique de la société ou l’on fait passer la victime pour le fautif.

L’animé est rempli de dénonciation sur ces sujets très sensibles en mettant en avant la fermeture d’esprit, la passivité et les non dit. Pour faire une liste non exhaustive,  la grossophobie, pédophilie, transphobie et d’autres sont pointés du doigt durant les 13 épisodes de la série.

 

LE SACRIFICE

La notion de sacrifice rappelle beaucoup celle de Madoka que j’ai pu rédiger précédemment, nous avons la même idée de base. J’entends ici une chose à protéger avec de gros risques de façon volontaire de la part des personnages, elles affrontent la dépression, la peur, la mort tout au long de la série pour atteindre leur but. Les personnages principaux sont eux même victime d’un traumatisme, elles sont toujours sur le point de rupture de ne pas commettre l’erreur que les gens qu’elles sauvent ont commis. On voit même Kawai abandonner lorsqu’on lui promet le bonheur par la mort

 

L’accomplissement de soi ? : [SPOIL]

Le schéma de base des épisodes est plus ou moins le même, nous retrouvons Ai et ses amies souhaitant avancer dans le retour de l’être disparue en aidant des personnes s’étant donné la mort. A la fin de chaque épisode, la personne aidée comprend qu’elle n’aura pas dû franchir le pas, le regrette et peut partir en paix avec elle-même. Nous avons littéralement la lutte contre le traumatisme, lutte physique et armée contre l’élément déclencheur toujours représenté comme un agresseur.

Comme pourrait le mettre en avant Angel Beats dans un registre complètement différent, ce monde serait un moment transitoire entre le décès et l’acceptation de la mort. De plus, la fin de l’animé sous-entend que, au fil des rencontres, au plus on aide des personnes ayant franchi le pas, au plus on ne peut le franchir. Ai devient plus forte, elle arrive à retourner en cours, à accepter sa différence, à se battre contre les discriminations faites sur son apparence physique, à lutter contre sa peur des adultes. Et ce parallèle est fait avec une Ai d’une autre réalité qui, elle, n’a pas eu la force de se battre. Momoe accepte finalement sa féminité et le regret d’avoir repoussé son amie amoureuse d’elle .

 

Mon avis :

Après de multiples visionnages, je ne suis toujours pas capable de me décider si j’ai bien aimé cet animé ou pas. Je ressens un sentiment d’inachevé à chaque fois et je ne vois qu’un mot pour résumer tout ça : Dommage !

Points forts :

L’animation : 

Graphiquement parlant et sur le plan de l’animation c’est magnifique. Un travail impressionnant durant les scènes d’action, un contraste assez bien réalisé entre le monde des rêves et les réalités. Rien d’étonnant toutefois en voyant le studio ayant donné des animés comme Seishun Buta Yarou wa Bunny Girl Senpai no Yume wo Minai ou encore Horimiya. Les ambiances sont parfaitement retranscrites des couleurs sombres et froides des angoisses, en passant par de vives couleurs chatoyantes pour les moments plus joyeux.

La bande son :

Comme pour les graphismes, les ost font en sorte qu’on se plonge totalement dans le monde de wonder egg priority. L’alliance des deux fait que l’ambiance est unique, on se perd facilement dans ce monde fantastique. Je vous laisse l’opening comme à mon habitude que je trouve très représentatif :

Les thématiques et certains détails :

Au vu des thématiques abordées dans mon analyse, on comprend que l’on sort de l’ordinaire, même pour un seinen. Ces sont des sujets tabous la plupart du temps et l’angle d’attaque mis en place par les auteurs donne clairement à réfléchir, à retranscrire ce point de vue dans notre vie de tous les jours voire à nos expériences passées.

En regardant un peu plus précisément, on peut apprécier certaines idées plutôt bien amenées comme par exemple les armes de nos héroïnes dans le monde des rêves. Ooto se bat avec un stylo quatre couleurs, elle qui est victime de harcèlement scolaire se défend avec quelque chose à l’origine de son traumatisme, elle se bat littéralement contre ces démons. Arme que l’on retrouve également chez Rika, son arme est un cutter, elle qui s’automutile et lutte pour ne plus se blesser elle-même.

Ce sont donc ces sujets abordés, cette façon de les traiter et ces détails qui me font dire que Wonder Egg Priority a un réel potentiel cependant …

 

Points faibles :

Coup de pied dans la fourmilière avec la subtilité d’un ours : 

Si effectivement les sujets évoqués sont rarement vus dans d’autres animés, si effectivement ils sont traités de manières franches et sans équivoque, c’est souvent fait de manière trop cru. Le nom de cette partie est clair, les auteurs ont choisi volontairement d’attaquer plutôt que de rentrer dans les détails. Les thèmes graves comme le suicide, la dépression, les agressions sexuelles sont à prendre avec des précautions car ils peuvent choquer, ce qui n’est pas fait ici. Je cite la phrase de l’épisode 5 où nos héroïnes s’accordent un moment de détente lors d’une partie de bowling “ Nous pourrions nous tuer sans cela”, certes je comprends le ton ironique de la situation mais je trouve ça déplacé.

J’ai l’impression, et ce n’est que ma lecture personnelle, que l’animé veut absolument mettre en avant des sujets sensibles mais ne les traite que partiellement.

Prenons le suicide comme il est montré, les personnages à sauver ont toujours une cause représenté par le “Wonder killer”, la raison du passage à l’acte. Normalement le suicide est longue pente, une accumulation, une sensation de solitude (encore une fois selon mon point de vue) alors que comme il est montré dans l’animé, c’est seulement un seul fautif à éliminer et fin. Je trouve ça beaucoup trop superficiel, je fais le parallèle avec Madoka, Sayaka accepte la mort avec une longue descente aux enfers et une certaine empathie mais pas la.

L’épisode 10 est le meilleur exemple de ce traitement partiel et dommagement mal traité. Nous y suivons le personnage de Kurita Kaoru, personnage transgenre un jeune homme dans le corps d’une femme. Encore une fois thématique rarement abordée mais qui se termine par la représentation du suicide par un entraineur de sport, pourquoi? Pourquoi mettre forcément un visage et réduire ce sujet sensible à la mise en scène du “Wonder killer” ?

Selon moi, l’animé s’est cloîtré dans une forme d’épisode un shonen se terminant forcément avec un ennemi à abattre pour l’acceptation de la mort ce nuit fortement au sens profond.

 

La fin :

Je considère ici que l’anime fait 13 épisodes. On retrouve 12 épisodes plus un épisode spécial apportant une conclusion à l’anime, je le prend donc en compte.

Personnellement je n’ai pas compris la conclusion de l’animé, on nous y explique que toute l’aventure des héroïnes n’était qu’une expérience de deux personnes afin d’y comprendre le suicide des jeunes filles face aux désespoir, on nous donne une raison au fantastique de l’animé alors que ce n’était absolument pas nécessaire. On y voit le retour des êtres perdus  par les héroïnes mais ces derniers ont perdu la mémoire oubliant leur passage à l’acte et par la même occasion les personnes qui les ont sauvés.

Les deux derniers épisodes ne sont qu’un défilé d’image gore et volontairement violentes amenant des questions inutiles et remettant en cause toute l’évolution des personnages. Momoe ne veut plus se battre, Neiru a disparu forçant Ooto a retourner dans le monde des rêves pour la retrouver. 

Cette fin me fait me demander : Pourquoi? Pourquoi finir sur un cliffhanger ? Est ce dans la volonté d’une saison 2 ? 

Je n’ai malheureusement pas la réponse mais cela me donne l’idée de faire un article spécialement dédié aux fins dans les animés.

Conclusion

Wonder Egg Priority est une œuvre intéressante, que je vous conseille ne serait ce que par curiosité. En regardant les retours sur internet, j’y ai vu un peu de tout, beaucoup ont adoré le fait de traiter de sujet assez inédit et sensibles et certains ont trouvé que c’était juste trop superficiel. Je fais la part des choses et y voit du très bon comme du très “borderline”.

Je trouve ça simplement dommage, mais je ne peux me dire à dire que c’est mauvais et c’est justement cela que je voulais vous partager aujourd’hui.  Pour la suite, je vous annonce des articles un peu plus légers. J’ai essayé de dresser un tableau le plus objectif possible dans mon analyse au vu des thématiques et je vous invite à venir en débattre avec moi. Pour la suite j’ai plusieurs idées dont une qui va me demander beaucoup de préparation et un spécial.

En attendant je vous à la prochaine et merci de votre attention.

Vous pouvez retrouver mes autres articles sur les animés : Ici

 

Imadori